Aujourd’hui, elle sont douze, disposées en éventail, tapant avec une énorme énergie et joie sur un tissu plié qu’elles placent entre les jambes: le batuko. Elles font monter le bruit de tonnerre de la percussion progressivement, accompagné de chants et de rires et défis. De temps en temps, au milieu d’une chanson, une d’elles se lève et se place au centre de la scène, tenant un pull ou une chemise à la ceinture, montrant toute la force du mouvement africain, faisant exploser la diversité culturelle venue du milieu de l’Atlantique. Le rugissement rebelle et la nostalgie des femmes de Batuko Tabanka dure trois quarts d’heure; suffisamment assez de temps pour donner la "chair de poule" à ceux qui écoutent ces batukadas, coladeiras, mornas... mélangées à la salsa de Cantabrie que leur apporte la Galice où elles habitent.
Une proposition qui transmet le message le plus positif des migrations: le respect et le dialogue qui pourraient être résumés en deux mots:
SABI, SABI!!!
Antonina de Cangas, Antonina de San Cibrao, Ivone, Fafá, Beba, Isabel, Dezidéria, Ilda, Mariazinha, Chuca, Belita e Santinha, elles s’appellent ainsi, par leur petit nom: nomezinho, qui n’est ni leur prénom, ni un surnom, mais leur propre passeport mondial.
Tabanka est une association fondée il y a quelques années afin de redonner de la dignité à la culture du Cap Vert, de rappeler l’origine de leur mère Áfrique, dans tous les exposants culturels possibles, et leur musique est l’un des multipes présents que nous offrent ces femmes aux multiples facettes .